Il y a quelques semaines,

on m’a demandé si je voulais bien coacher quelques conférenciers appelées à intervenir lors du premier MeudX (conférences TedX made in Meudon sur Seine). Parmi eux, Philéo Pruvost, qui a créé une entreprise, mais est preneur de conseils pour parler sur scène face à 500 personnes, et pour cause : il n’a que 14 ans.

Banco. Ma première rencontre avec Philéo fait partie de ces moments qui restent gravés dans la mémoire : cet adolescent m’explique très simplement qu’il a toujours eu envie de créer, que tout petit il voulait créer une voiture, qu’à 5 ans on lui a offert sa première trottinette, puis à 10 ans une trottinette freestyle, que c’est devenu sa passion, que quand on fait de la trottinette freestyle, on use et casse des pièces, qu’on ne peut évidemment pas racheter une trottinette à chaque fois que l‘on casse une pièce, qu’on achète donc des pièces détachées (roues, pegs, plateau, guidon, collier de serrage, etc.) et que comme les pièces disponibles sur le marché ne lui convenaient pas suffisamment pour continuer de dépasser ses limites, il a décidé de créer les siennes. Simple, non ?

Il avait 12 ans à ce moment là. Et il a donc créé son business de pièces de trottinette freestyle. C’est simple, me confirme-t-il : il faut d’abord « designer » les pièces, puis les produire, et enfin les vendre. Il a donc trouvé un designer, une usine, et mis sur pied un circuit de distribution qui lui permet de vendre aujourd’hui ses pièces en France, en Suisse et à la Réunion, et aussi en ligne bien sûr … tout en ambitionnant de distribuer ses produits dans toute l’Europe dès la fin de l’année, puis dans le monde entier en 2018.

Quelle est la recette de ce succès ?

Premier ingrédient : la passion. « Choisissez un métier que vous aimez et vous ne travaillerez pas un seul jour de votre vie », disait Confucius. Pour Philéo, concevoir des pièces de trottinette, c’est que du bonheur. Sa passion lui a en outre permis de rencontrer et de collaborer avec les gens qui comptent dans le monde de la trottinette freestyle, à commencer par le designer qui conçoit aujourd’hui avec lui les pièces qui doivent lui permettre précisément de dépasser ses limites.

Deuxième ingrédient : la simplicité et la capacité à aller à l’essentiel. A première vue, produire des pièces de trottinette peut sembler compliqué. Pas pour Philéo : il a trouvé sa première usine en faisant une recherche sur Google. Il a choisi une usine chinoise, bien sûr, ça couterait 10 fois plus cher de produire en France. Il ne parle pas chinois, n’est jamais allé en Chine, et c’est donc en anglais qu’il a envoyé des e-mails pour travailler avec son fournisseur chinois.

Troisième ingrédient : le réseau. Philéo saisit toutes les opportunités de rencontrer des gens qui peuvent l’aider à avancer dans sa réflexion ou la réalisation de ses projets : famille, amis, personnalités, amis d’amis, amis de la famille, réseau des précédents, etc. Il ose. Il tente. Il écoute. Il itère. Ce cheminement permanent dans un écosystème qu’il nourrit sans cesse est une de ses forces majeures. Quand il a constaté que les pièces produites par sa première usine ne correspondaient pas exactement à ce qu’il attendait, Philéo s’est mis en tête de rencontrer Kevin, le « papa » de la trottinette freestyle, qui lui a recommandé une autre usine. Il a ensuite, toujours grâce à son réseau dans le petit monde de la trottinette freestyle, trouvé un distributeur pour la France, puis un autre pour la Suisse, puis un autre pour l’Europe.

Pourquoi est-ce exemplaire ?

Soyons clairs : Philéo n’est pas encore à la tête d’une multinationale. C’est un créateur qui à la chance d’avoir une intelligence hors du commun et des parents qui le soutiennent dans son projet, ce qui explique qu’il ait entrepris à 14 ans ce que d’autres font à 20, 30 ou 40 .. ou jamais. Son mode opératoire – travailler avec des passionnés pragmatiques, en mode collaboratif et agile, en utilisant la puissance du digital – n’a en soi rien d’extraordinaire … mais ce qui l’est, par contre, est que Philéo utilise son agilité intellectuelle pour ne pas se laisser polluer l’esprit par des contraintes imaginaires et/ou par la peur. Autrement dit, Philéo montre à la fois beaucoup de conscience et d’intelligence émotionnelle, des qualités que chacun peut développer.

Pourquoi est-ce inspirant ?

Parce que malgré cette réalisation hors-norme, Philéo reste humble. Pendant les quelques heures que j’ai passé avec lui pour préparer son intervention, je n’ai pas vu un surdoué à l’ego surdimensionné, mais au contraire un ado aussi conscient de ses facilités que d’avoir des marges de progression. Cette lucidité est la marque des champions.

En conclusion .. si vous êtes passionné(e), pragmatique, lucide, suffisamment persévérant pour ne pas vous laisser décourager par les difficultés (réelles ou supposées) et que vous savez vous entourer des bonnes personnes, tout est possible.

C’est simple, non ?

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