Crédit photo : capital.fr 

Vision, stratégie, business model, fonds, processus, innovation, agilité, talents, pleins de facteurs contribuent à maximiser la performance d’une organisation. Mais au bout du bout du compte, c’est la cohésion, la coopération qui fontt la différence. Un groupe motivé pour oeuvrer au service de la même cause est capable de bâtir des pyramides ou d’envoyer des hommes dans l’espace. Ce n’est pas surprenant : les anthropologues, biologistes et historiens sont d’accord pour dire que nous sommes des animaux sociaux doués pour la coopération. D’après Yuval Noah Harari, si l’Homo Sapiens à fini par prendre le dessus sur l’homme de Néandertal, c’est du fait de sa capacité à coopérer en grand nombre. Grâce à son autre capacité différentiante : utiliser un langage beaucoup plus riche que les autres hominidés et animaux.

Etre un animal social a plusieurs implications. Cela signifie que nous avons besoin de liens sociaux pour nous épanouir, pour nous accomplir, ce qui implique par conséquent d’être capable de créer des liens de qualité. Et donc de sélectionner les personnes avec lesquelles nos interactions seront fructueuses.

Au travail, encore plus que dans la vie privée, entretenir des liens de qualité ne va pas de soi.

Il est rare que l’on choisisse toutes les personnes avec qui l’on travaille. Dans la pratique, ce non-choix fait qu’il y a des gens avec lesquels on ne s’entends pas, d’autres qu’on ne comprend pas, et d’autres avec lesquels le temps fait qu’on finit parfois par moins bien s’entendre. Coopérer efficacement sur la durée n’est pas un don du ciel. Pas plus que d’obtenir une performance optimale.

Plusieurs raisons expliquent cela. D’abord, si sapiens est un animal social, il porte également dans ses gènes et dans son cerveau 200 000 années de lutte pour la survie. Ceci nous pousse inconsciemment à nous soucier d’avantage de notre personne plutôt que de coopérer au bénéfice de l’organisation qui nous emploie. Dans animal social, il y a animal. Savez-vous que nous partageons plus de 98% de nos chromosomes avec nos cousins chimpanzés ? Comme eux, nous vivons dans des organisations hiérarchisées, majoritairement gouvernées par des mâles alpha et des systèmes d’alliances qui rendent les relations complexes. Enfin, il y a toutes les divergences d’opinions, de valeurs, de principes, de croyances, qui nous amènent à porter des jugements peu amènes sur les personnes avec lesquelles nous interagissons dès lors que leurs propres croyances diffèrent des nôtres. La mésentente, le dénigrement et le conflit ne sont jamais loin.

Notre capacité à coopérer est une force, mais elle doit être travaillée, encouragée, placée au coeur de la stratégie de nos organisations.

C’est encore plus vrai avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

Nous entrons dans une ère sans précédent dans l’histoire de l’humanité : nous devons de plus en plus cohabiter avec des machines qui sont d’ores et déjà plus intelligentes que nous. C’est une révolution sans précédent qui en appelle d’autres : par exemple, les différents spécialistes de la question s’accordent pour dire qu’il ne sert plus à grand chose de sélectionner nos enfants sur leurs seules capacités en mathématiques : ils ne pourront de toute façon pas lutter face à des algorithmes qui s’améliorent toujours plus vite.

Qu’est-ce qui nous différencie des robots et des algorithmes ? Notre humanité : notre conscience, notre créativité et nos émotions, dont ils sont – pour l’instant – dépourvus. L’enjeu, pour les organisations employant les animaux sociaux que nous sommes, n’est pas comme au 20ème siècle de nous transformer en machines, mais bien de développer notre humanité et en particulier notre capacité à coopérer puisque c’est aussi ce qui nous distingue des meilleurs animaux (abeilles, fourmis, bonobos, baleines, etc) et nous a permis d’asseoir à la vitesse de l’éclair une domination sans partage sur le reste du vivant.

Renforcer notre capacité à coopérer, cela suppose de traiter les obstacles à la coopération. Nous sommes gouvernés par nos peurs et préoccupés par notre survie ? Développons la compréhension de notre fonctionnement biologique et notre intelligence émotionnelle. Nous supportons mal les organisations hiérarchiques (dont la justification est bien moindre aujourd’hui qu’il y a 100 ans) ? Simplifions les autant que nécessaire. Nous portons facilement des jugements sur les gens avec lesquels nous travaillons ? Apprenons à comprendre comment nos cerveaux façonnent à notre insu des croyances qui nous semblent être des vérités absolues, mais ne sont que le reflet de nos perceptions.

Développer la coopération et notre intelligence collective est notre principal atout pour booster la performance.

Mais nous l’avons peu à peu oublié dans un monde concurrentiel et dérégulé, ou le rapport de force régit toujours plus les relations. A fortiori quand ce monde devient de plus en plus changeant et incertain, favorisant des réflexes de repli sur soi. D’où les silos dont beaucoup de dirigeants se plaignent.

Certes, tout s’accélère et personne ne sait aujourd’hui ce que sera sa vie à un horizon 10 ans. Mais il n’y a pas de fatalité, et il existe au contraire une opportunité à saisir. Les découvertes scientifiques récentes nous permettent enfin de comprendre comment nos organismes fonctionnent, comment nos cerveaux fonctionnent, comment notre biologie nous amène parfois à nous comporter inconsciemment à notre propre détriment. Nous n’avons jamais été autant capables de maximiser notre intelligence collective, parce que nous savons ce qu’il faut faire pour maximiser la coopération.

Maximiser la coopération, cela implique d’arriver à faire travailler ensemble des personnes dont l’efficacité individuelle est au top. Cela suppose de développer chez chacun la connaissance de soi, l’intelligence émotionnelle, l’esprit critique. Pour comprendre comment l’on fonctionne, comment l’autre fonctionne, et remettre en cause ce que nous croyons gravé dans le marbre, et qui n’est qu’inscrit dans notre inconscient. A notre insu donc.

Pour maximiser la performance de votre organisation, vous devez développer en son sein l’intelligence collective, et donc former vos collaborateurs aux compétences de savoir-être qui maximisent la coopération. Les organisations qui le mettent en oeuvre obtiennent des ROI d’au moins 20%.

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